Alexandre Benalla a t-il voulu créer une sécurité privée à l’Élysée ?

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Après six mois de travaux, la commission d’enquête du Sénat a rendu son rapport sur l’affaire Benalla. Il apparaît que le collaborateur d’Emmanuel Macron aurait œuvré pour créer une sécurité privée à l’Élysée.

Le rapport de la commission d’enquête du Sénat dénonce la place excessive prise par Alexandre Benalla dans la sécurité du Président de la République. Les sénateurs s’inquiètent aussi, a posteriori, d’un projet de réforme de la sécurité du chef de l’État. Il semblerait qu’Alexandre Benalla voulait créer une sorte de « garde présidentielle », totalement autonome.

Un « Secret service » à la française

Ce projet a bien failli mettre le feu au ministère de l’Intérieur. À la lecture du rapport, on comprend qu’Alexandre Benalla voulait créer une sorte de « Secret service » à la française, inspiré de l’agence qui assure la protection du président des États Unis. Cette agence fédérale est très puissante, et quasi indépendante. Tout le contraire de l’organisation de la sécurité de l’Élysée qui, il est vrai, a quelque chose d’ubuesque. D’un coté, il y a le commandement militaire, qui surveille l’enceinte du Palais. De l’autre, le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République), qui protège le chef de l’État quand il est en déplacement.

Ces deux structures sont dirigées par des généraux de la gendarmerie. Mais le GSPR, qui est composé pour moitié de policiers, pour moitié de gendarmes, est rattaché à la Direction de la police. On comprend pourquoi la Cour des comptes a demandé à l’Élysée de rationaliser ce fonctionnement, et pourquoi il était prévu de créer une seule et unique Direction de la sécurité de la présidence de la République.

D’anciens militaires et des professionnels de la sécurité privée

Dans ce cas précis, la commission d’enquête du Sénat reproche à Alexandre Benalla sa volonté affichée de créer, à l’Élysée, un service de protection totalement autonome. Cette « garde présidentielle » ne serait pas uniquement composée de policiers ou de gendarmes, comme aujourd’hui, mais serait ouverte à d’autres profils, comme d’anciens militaires ou des professionnels de la sécurité privée. De leur côté, les sénateurs considèrent qu’il ne faut surtout pas rompre le lien entre la sécurité du chef de l’État et le ministère de l’Intérieur.

Ils soulignent d’ailleurs dans leur rapport que les responsables de l’Élysée entendus par la commission ont fermement démenti tout projet dans ce sens, toute volonté de créer une « milice barbouzarde, une garde prétorienne ».

Reste que ce projet explosif a suscité beaucoup d’inquiétudes et de rancœurs dans la police. Et tout porte à croire que c’est lui qui a suscité des fuites dans la presse, et provoqué la chute d’Alexandre Benalla.

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