Brésil : le président d’extrême-droite Jair Bolsonaro officiellement investi

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Plus de deux mois après avoir remporté l’élection présidentielle, l’ancien capitaine de l’armée a été intronisé chef de l’État brésilien lors d’une cérémonie officielle à Brasilia, mardi. 

Jair Bolsonaro a pris mardi ses fonctions de président du Brésil, ouvrant une ère de rupture chargée de lourdes incertitudes avec le virage à l’extrême droite de la première puissance d’Amérique Latine. L’ex-capitaine de l’armée, 63 ans, est devenu le 38ème président du Brésil en signant un registre officiel dans la Chambre des Députés.

Une cérémonie boycottée par la gauche

Auparavant, il a prêté serment, s’engageant à « défendre et appliquer la Constitution » tout en oeuvrant pour « l’Union, l’intégrité et l’indépendance du Brésil ». Le vice-président Hamilton Mourao, lui aussi investi mardi, a prêté le même serment. La cérémonie officielle au Parlement a été boycottée par la gauche, notamment le Parti des Travailleurs (PT) de l’ex-président Lula. Le nouveau président devait ensuite se rendre au Palais du Planalto, où il recevra des mains de son prédécesseur Michel Temer l’écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d’or et de diamants.

Jair Bolsonaro, dont la carrière politique se limite à 27 ans de députation sans autre relief que ses outrances verbales, n’a pas fait mystère de sa volonté de renverser la table pour extirper le Brésil de ses crises multiples. « Nous avons l’intention de changer le destin de notre Brésil », a-t-il tweeté juste avant la cérémonie, demandant au peuple « son soutien indispensable ».

Une élection source de divisions

Le capitaine de réserve devrait lancer au pas de course une série de réformes pour inaugurer son mandat de quatre ans à la tête de la première puissance d’Amérique latine. Premier chef d’Etat d’extrême droite jamais arrivé au pouvoir au Brésil par les urnes, Jair Bolsonaro a suscité énormément d’attentes avec ses promesses de redresser une économie atone et de mater la corruption et la violence qui désespèrent les 208 millions de Brésiliens.

Mais son arrivée à la tête du pays suscite de nombreuses inquiétudes, notamment en matière de respect des valeurs démocratiques, des minorités, des alliances avec les partenaires traditionnels du Brésil et de protection de l’environnement. Ses dérapages racistes, machistes ou homophobes comme ses éloges de la période noire de la dictature militaire (1964-1985) lui ont aliéné des millions de compatriotes.

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