Fruits et légumes: les prix remontent après un coup de frein en 2017

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Les prix des fruits et légumes sont repartis en hausse cet été, montre jeudi le baromètre annuel de l’association Familles rurales, qui souligne la difficulté des familles à jongler avec la forte fluctuation des tarifs d’une année sur l’autre.

En moyenne, les étiquettes se sont renchéries de 4% sur un an pour les fruits et de 5% pour les légumes. Cette augmentation contrebalance le fléchissement observé en 2017, qui faisait lui-même suite à une hausse record en 2016.

Problème: cet effet «montagnes russes» pénalise les consommateurs, pointe l’étude.

«Alors que le pouvoir d’achat des ménages se veut relativement +stable+ depuis 2011, les prix des fruits et légumes connaissent de très importantes fluctuations d’une année sur l’autre», souligne l’association, qui juge difficile «d’y consacrer un budget constant sur la durée» et y voit un frein à «une politique nutritionnelle efficace».

Or, tout en reconnaissant l’effet des conditions météorologiques sur l’évolution des prix, l’association estime que «ces importantes variations s’expliquent également par l’impact des négociations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs, sur lesquelles des réformes sont possibles».

Acheter un kilo de fruits revient cette année à 3,91 euros en moyenne, contre 3,76 euros en 2017, et celui de légumes coûte 2,25 euros au lieu de 2,14 euros un an plus tôt.

Ces chiffres masquent toutefois de fortes disparités: si le prix au kilo de fruits «bon marché» tels les pêches (3,30 euros, +18%) ou les nectarines (3,39 euros, +17%) a flambé en un an, celui des fraises (6,83 euros, -13%) et cerises (6,01 euros, -2,1%), quoique toujours plus onéreuses, s’est quant à lui adouci.

Envol du prix des carottes

Au rayon des légumes, le prix au kilo de la carotte s’est envolé (1,85 euro, +43%), «ce qui est particulièrement marquant pour les budgets les plus contraints», souligne l’étude.

Courgettes (1,73 euro, +13%), salades (1,06 euro, +12%) et poivrons (3,43 euros, +7,5%) se sont également renchéris, au contraire des pommes de terre (1,30 euros, -6,5%) et des tomates (1,88 euro, -10%).

Dans le bio, les prix des fruits ont augmenté de 10% par rapport à 2017 pour atteindre leur plus haut niveau depuis 2010, alors que les légumes sont désormais un peu moins chers (-1%). Ces produits restent en moyenne deux fois plus cher que le conventionnel, constate Familles rurales.

Comme l’an passé, les enseignes hard discount restent les commerces où les prix sont les plus bas (46,99 euros le panier de 16 fruits et légumes), devant les hyper et supermarchés (49,08 euros) et les marchés (57,05 euros).

Ainsi pour pouvoir manger cinq fruits et légumes par jour, comme le recommandent les autorités sanitaires françaises, une famille de quatre personnes (deux adultes, deux enfants) doit débourser cette année entre 115 et 255 euros par mois, selon qu’elle opte pour les prix les plus bas en hard discount ou qu’elle est adepte du «tout bio» plus dispendieux.

Seule une famille sur trois (33 %) respecte cette recommandation, assure l’étude, le prix étant cité comme le principal frein à une consommation plus importante.

Ce baromètre se base sur des relevés de prix (l’association ne juge pas la qualité) de 8 fruits et 8 légumes par 54 «veilleurs» dans 33 départements, du 4 au 10 juin et du 2 au 8 juillet.

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