Interdiction d’un livre d’apprentissage de l’islam wahhabite aux enfants

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Ce livre a été interdit pour risque d’incitation à la discrimination ou à la haine, selon un arrêté du ministère de l’Intérieur.

Un livre d’apprentissage de l’islam wahhabite pour les enfants a été interdit de « vente aux mineurs, de publicité et d’exposition » pour risque d’incitation à la discrimination ou à la haine, selon un arrêté du ministère de l’Intérieur publié vendredi au Journal officiel.

L’ouvrage « Apprendre le Tawhid aux enfants » est une traduction adaptée en français des écrits du théologien et prédicateur du wahhabisme Mohammed ben Abdelwahhab. Le wahhabisme est une version rigoriste de l’Islam sunnite théorisé au XVIIIe siècle en Arabie Saoudite et le Tawhid désigne le dogme de « l’unicité de Dieu », la fusion du religieux et du politique. L’arrêté ministériel, daté du 5 juillet, estime que le livre « édité par la maison d’édition Al-Haramayn, contient des propos susceptibles d’inciter à la discrimination ou à la haine envers les personnes ne pratiquant pas l’islam wahhabite (…) et présente donc un danger pour les mineurs qui pourraient l’acquérir ou le consulter ».

Interdiction de proposer, donner ou vendre la publication à des mineurs

L’interdiction porte sur le fait « de proposer, de donner ou de vendre cette publication à des mineurs », « de l’exposer à la vue du public (…) et de faire pour elle de la publicité par la voie d’affiches » ou « au moyen de prospectus, d’annonces ou insertions publiées dans la presse, de lettres-circulaires adressées aux acquéreurs éventuels ou d’émissions radiodiffusées ou télévisées », détaille l’arrêté.

Sur la quatrième de couverture de l’ouvrage, on peut lire que « ce livre dédié aux petits musulmans constitue une épître bénéfique à propos de ce que l’on doit enseigner à l’enfant bien avant de lui apprendre le Coran, pour qu’il devienne une personne accomplie sur la base du monothéisme de l’Islam originel ». La violation de l’arrêté est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et de 75.000 euros d’amende.

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