La Bourse de Paris en nette baisse, minée par les multiples menaces de Trump

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La Bourse de Paris évoluait nettement dans le rouge (-1,13%) vendredi à la mi-journée, plombée par plusieurs commentaires négatifs du président américain Donald Trump envers l’Union européenne et la Chine, qui ont ravivé les tensions commerciales.

A 13H25 (11H25 GMT), l’indice CAC 40 lâchait 61,96 points à 5.416,42 points dans un volume d’échanges de 971 millions d’euros. La veille, il avait fini en baisse de 0,42%.

Après avoir ouvert en légère baisse, la Bourse de Paris a creusé ses pertes tout au long de la matinée, pour s’installer plus nettement dans le rouge.

La Bourse de New York s’orientait de son côté vers une ouverture en légère baisse.

Le contrat à terme sur l’indice vedette Dow Jones Industrial Average, qui donne sa tendance, perdait 0,14%. Celui de l’indice élargi S&P 500 cédait 0,12%, tandis que celui du Nasdaq, à dominante technologique, baissait de 0,03%.

Diverses déclarations de Donald Trump, jeudi, inquiètent les marchés, à commencer par ses propos sur la Chine.

Selon l’agence Bloomberg, qui se fonde sur plusieurs sources proches du dossier, le locataire de la Maison-Blanche souhaiterait mettre en œuvre une nouvelle salve de taxes douanières sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis.

Le président américain a également menacé de quitter l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en cas d’absence de progrès dans les réformes.

Il s’en est aussi pris à l’Union européenne, jugeant «pas suffisante» l’offre de Bruxelles d’abandonner les tarifs douaniers sur les importations automobiles.

En réponse, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prévenu que l’UE riposterait à d’éventuelles taxes américaines.

«C’est un démarrage décevant pour les marchés européens dans la foulée des commentaires de la nuit dernière de Donald Trump indiquant que l’Europe devait faire plus pour parvenir à un accord commercial avec les Etats-Unis», estime Michael Hewson, analyste pour CMC Markets.

«Il a qualifié les politiques commerciales de l’UE d’aussi mauvaises que celles de la Chine mais à une plus petite échelle», ajoute-t-il.

Secteur automobile en baisse

Les investisseurs garderont également un œil sur l’évolution des négociations entre les Etats-Unis et le Canada sur le traité de libre-échange nord-américain (Aléna). Donald Trump avait fixé vendredi soir comme date butoir pour trouver un accord.

Du côté des indicateurs, le chômage en zone euro s’est maintenu en juillet à son niveau le plus bas depuis 2008, tandis que l’inflation a ralenti en août à 2%.

En France, la hausse des prix à la consommation est stable au mois d’août, à 2,3% sur un an.

Dans l’après-midi, le marché prendra connaissance du moral des ménages pour août aux Etats-Unis ainsi que l’activité économique dans la région de Chicago.

Du côté des valeurs, les titres du secteur automobile, minés par les commentaires de M. Trump, n’étaient pas à la fête: Renault cédait 0,80% à 74,10 euros et Peugeot décrochait de 1,62% à 23,69 euros.

Engie perdait 2,39% à 12,68 euros après l’annonce du report de plus de deux mois du redémarrage de deux réacteurs en cours de révision, en Belgique.

Air France-KLM, qui avait déjà dégringolé de 7% jeudi, perdait 3,85% à 8,24 euros, pénalisé par l’abaissement de sa recommandation à «conserver» par Kepler Cheuvreux. Le groupe paie les annonces de durcissement du conflit effectuées jeudi par son intersyndicale.

Edenred suivait la même tendance (-5,18% à 32,78 euros) après un changement de recommandation de Berenberg de «conserver» à «vendre».

Saint-Gobain faisait partie des rares titres du CAC 40 qui évoluaient dans le vert à la mi-journée, en hausse de 2,02% à 37,09 euros.

Gemalto était aussi en hausse (+0,79% à 49,91 euros) après la publication de bons résultats pour le premier semestre.

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