L’Argentine annonce des mesures d’austérité avant un rendez-vous au FMI

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Le gouvernement argentin devait annoncer ce lundi un plan d’austérité pour remédier aux déséquilibres budgétaires à l’origine de la crise monétaire qui a torpillé le peso, à la veille d’un rendez-vous-clé au siège du FMI.

A 09h45 (14h45 GMT), le ministre argentin de l’Économie Nicolas Dujovne donnera une conférence de presse. Il devrait annoncer de nouvelles taxes pour le secteur minier, sur les exportations de soja et des arbitrages budgétaires douloureux.

Le gouvernement a fait une priorité de la réduction du déficit budgétaire chronique, qui alimente l’inflation, qui dépassera les 30% en 2018, et fragilise la troisième économie d’Amérique latine.

D’après le journal Clarin, l’intervention du ministre de l’Économie sera précédée d’un message télévisé du président de centre-droit Mauricio Macri, qui devrait annoncer un remaniement ministériel.

Sur les 22 ministres actuels, 10 devraient être remerciés.

M. Dujovne s’envolera lundi soir pour Washington. Mardi, il a rendez-vous avec la directrice générale du FMI Christine Lagarde pour négocier une révision de l’accord signé en juin entre l’Argentine et le Fonds monétaire international.

Depuis l’attribution d’un prêt de 50 milliards de dollars, dont la première tranche 15 milliards a déjà été versée à Buenos Aires et en partie consommée, la fragile économie argentine s’est encore dégradée.

L’Argentine demande donc une accélération des versements prévus dans le cadre de l’accord.

Pour cela, elle devrait s’engager à accélérer la réduction du déficit budgétaire.

Passé de 6% en 2015 à 3,9% en 2017, le gouvernement s’était jusqu’ici engagé à le réduire à 2,7% cette année, 1,3% en 2019, et de parvenir à l’équilibre en 2020.

En Argentine, la dépréciation du peso, de 50% cette année, préoccupe la population. Habitués aux turbulences économiques, les Argentins savent que si le peso perd du terrain, c’est l’inflation qui s’en ressent.

De plus l’économie tourne au ralenti. Le gouvernement prévoit une récession de 1% en 2018, après une croissance de près de 3% en 2017.

La baisse du pouvoir d’achat est généralisée dans ce pays de 41 millions d’habitants, où les mécanismes de revalorisation des salaires ont dans la plupart des cas un temps de retard sur l’inflation.

La crise monétaire s’est aggravée en août, alors qu’un scandale de corruption a éclaté, impliquant l’administration précédente au pouvoir de 2003 à 2015. L’ex-présidente Cristina Kirchner fait partie de nombreux ministres et hauts fonctionnaires soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin de la part d’entreprises du BTP.

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