Les pompiers racontent « le piège » du Cuba Libre, où 14 personnes ont péri

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Des pompiers ont raconté leur intervention sur l’incendie du bar Cuba Libre, à Rouen, où 14 personnes sont mortes. 

« Un piège », « une souricière » : les pompiers intervenus sur l’incendie du bar rouennais Cuba Libre, où 14 personnes ont péri dans un incendie en 2016, ont raconté les conditions éprouvantes de leur intervention au deuxième jour du procès en correctionnelle. Anthony Le Corre, qui faisait partie des pompiers qui sont entrés dans la cave du bar où les victimes ont été retrouvées, se souvient d’un « sol glissant », « une visibilité quasi nulle, un escalier étroit et pentu ».

« Avec l’issue de secours fermée, c’était clairement un piège », a-t-il dit à la barre du tribunal correctionnel de Rouen, devant lequel comparaissent Nacer et Amirouche Boutrif, deux frères de 48 et 40 ans. Ils sont jugés pour « avoir involontairement causé la mort » de 14 personnes, mortes asphyxiées, et involontairement blessé cinq autres grièvement, dans l’incendie de leur établissement dans la nuit du 5 au 6 août 2016.

« Si la porte de secours avait été déverrouillée, ils auraient pu s’enfuir et ils auraient survécu à ce drame »

Les victimes fêtaient les 20 ans d’Ophélie dans le sous-sol de 24,4 m2 de ce bar aménagé sans autorisation en boîte de nuit, lorsque deux bougies du gâteau d’anniversaire, des fontaines à étincelles, ont enflammé le plafond de l’escalier. « L’air n’était pas respirable, y compris à ras du sol », explique Anthony Le Corre. « Il y avait entre huit et neuf corps dans le fumoir. Les victimes ont décidé de se retrouver toutes ensemble là pour tenter une survie. »

Mais les fumées noires ont tout envahi. Le pompier raconte avoir découvert « deux corps enlacés l’un contre l’autre, assis, et tête contre tête. » Il s’agissait de deux frères morts dans l’incendie. « Peut-on parler d’une souricière ? », demande une avocate. « Oui », acquiesce-t-il. Anthony Le Corre découvre l’existence d’une issue de secours au cours de l’intervention, mais la porte est verrouillée. « Si la porte de secours avait été déverrouillée le bilan n’aurait pas été celui-ci. Ils auraient pu s’enfuir et ils auraient survécu à ce drame », estime son collègue Cédric Le Borgne.

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