Nice: Vieira, l’ombre d’un doute?

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Patrick Vieira est arrivé à Nice pour continuer le travail de ses prédécesseurs Claude Puel et Lucien Favre. Mais les débuts du champion du monde sont délicats, avec un point pris en trois matches, et rappellent qu’il ne dispose que d’une expérience limitée sur un banc de touche.

Reims, Caen, Dijon: a priori, le début de championnat des Aiglons était idéal pour se lancer en douceur, avant deux affiches européennes contre Lyon et Rennes. Résultat: un nul pas malheureux contre les Normands, une défaite inaugurale contre le promu Reims (1-0) et surtout une déroute collective à domicile contre Dijon samedi soir (4-0).

«On a été timide»

Sanctionné d’une énorme bronca au coup de sifflet final, la contreperformance a plusieurs explications. Patrick Vieira a pointé ses joueurs: «On s’est créé beaucoup d’occasions nettes sans marquer. On a manqué d’agressivité sur le plan offensif et sur le plan défensif. On a été timide. Le message aux joueurs à la fin du match a été celui-ci: bien jouer ne suffit pas».

Le milieu Wylan Cyprien a acquiescé: «On a manqué d’efficacité». Avant de compléter: «Le coach cherche aussi la bonne formule, il ne l’a pas encore trouvée». Si l’ancien Lensois «reste positif pour la suite», le temps presse pour Vieira.

Arrivé avec un plan de vol assez clair et ambitieux – «Je veux une équipe créant du jeu vers l’avant où les joueurs expriment leurs qualités», avait-il affirmé au moment de sa prise de fonction -, le champion du monde 98, âgé de 42 ans, avait estimé que son immense carrière lui «accordera sans doute trois mois de confiance auprès des joueurs».

Départ de cadres

Faute de résultat, celle-ci pourrait s’éroder bien plus vite et le public niçois n’est pas forcément connu pour sa patience. D’autant qu’il a été habitué par les deux prédécesseurs de Vieira, Claude Puel et Lucien Favre, à jouer les trouble-fête en haut de tableau et lors des matches européens le jeudi soir.

S’il pâtit – pour l’instant – de la comparaison avec Puel, aujourd’hui à Leicester, et Favre, parti en fin de saison dernière pour le Borussia Dortmund, l’ancien milieu défensif des Bleus a quand même des excuses: le mercato.

Nice a en effet perdu trois de ses cadres cet été, le buteur Alassane Pléa, transféré à Monchengladbach contre 25 millions d’euros, le défenseur Maxime Le Marchand et surtout la clé de voute du milieu de terrain, l’Ivoirien Jean-Michael Seri, tous deux partis à Fulham.

Feuilleton Balotelli

Nice a aussi fait sans sa star Mario Balotelli, annoncé tout l’été en partance chez le voisin marseillais avant que le feuilleton ne s’achève pas une «saison 3» de l’Italien au Gym, annoncée en début de semaine. En son absence, les Aiglons ont manqué d’un tueur devant le but et son retour – la semaine prochaine, selon toute logique – leur fera le plus grand bien.

Les débuts heurtés de Vieira ont toutefois rappelé que le natif de Dakar ne jouit que d’une expérience limitée sur un banc de touche: nommé entraîneur de l’équipe réserve de Manchester City en 2013, il n’a entraîné qu’en MLS, le championnat nord-américain, de janvier 2016 à juillet 2018.

«Ma carrière de joueur ne compte plus, ça fait partie de mon passé», disait encore «la Pieuvre» lors de sa présentation officielle mi-juin. Une donnée intéressante, alors que Bordeaux tente de s’attacher les services d’un autre grand joueur tricolore, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France Thierry Henry. Lequel n’a jamais été entraîneur N.1.

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