Paris : hommage aux victimes de Pittsburgh devant l’ambassade américaine

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Une centaine de personnes se sont réunies dimanche soir, devant l’ambassade des États-Unis, pour rendre hommage aux victimes de la fusillade de Pittsburgh et dénoncer la banalisation de l’antisémitisme.

Une centaine de personnes se sont réunies dimanche soir devant l’ambassade des États-Unis à Paris pour rendre hommage aux victimes de l’attaque antisémite de Pittsburgh, la pire de l’histoire des États-Unis.

Devant l’ambassade, des Parisiens emmitouflés se sont succédé pour allumer une bougie. D’autres pour se recueillir devant des feuilles de papiers scotchées à des barrières métalliques où étaient inscrits les noms et âges des onze personnes tuées dans la synagogue. « C’est effroyable ce qui s’est passé » samedi, dit Claire Weber, 55 ans, la voix emplie d’émotion. « Je suis juive, et chaque fois que dans le monde il y a un attentat antisémite, cela m’affecte profondément ».

« Nous sommes tous Pittsburgh »

Plus loin, des hommes portant la kippa ont entamé une prière en hommage aux victimes. « Ça s’est passé aux États-Unis, mais il n’y a pas très longtemps cela s’est passé en France », souligne Yohan Chiche, un étudiant de 22 ans venu avec deux amis, en référence à l’attaque du magasin kasher de la Porte de Vincennes à Paris en 2015. « Nous sommes tous Pittsburgh. Il faut que cette folie meurtrière cesse », souffle Julie Marin, étudiante de 24 ans après avoir observé une minute de silence avec l’ensemble des personnes présentes.

Une « banalisation » des propos antisémites aux États-Unis et en France

Ce rassemblement était organisé notamment par l’Union de étudiants juifs de France (UEJF), auquel se sont jointes des associations comme SOS Racisme et la Licra. Outre l’hommage aux victimes, ce rassemblement visait à « faire front contre la banalisation des discours haineux dans l’espace public, qu’ils soient antisémites ou racistes », a expliqué Sacha Ghozlan, président de l’UEFJ. Robert Bowers, le tueur de Pittsburgh qui a perpétré la tuerie en hurlant son « désir de tuer des juifs », avait l’habitude de poster des messages antisémites sur internet. « Il y a aujourd’hui une banalisation de propos antisémites aux États-Unis comme en France », a ajouté Sacha Ghozlan. « De la parole à l’acte, il n’y qu’un pas ». « Les mots ne sont jamais neutres. La propagation de la haine dans les discours politiques peut pousser certains à passer à l’acte », a abondé Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

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